SYMPTÔMES DE LA PÉRIMÉNOPAUSE à 49 ans :mon corps a-t-il vraiment changé ?

symptomes de la perimenopause

J'ai 49 ans. Et manifestement, mon corps aussi.

Changement de corps, ventre qui se transforme, cycles qui s'emballent : voici le récit, sans filtre, des premiers symptômes de la périménopause à 49 ans, entre prise de poids au ventre, fatigue et signes de préménopause que je n'avais pas vus venir. Racontés par une diététicienne qui les traverse elle-même.

Pendant quelques semaines cet été, je n'ai pas porté de jean. Rien d'extraordinaire jusque-là. Il faisait chaud, j'avais simplement opté pour des vêtements plus légers. Six semaines, tout au plus.

Et puis un matin, j'ai ressorti un jean. Vous voyez déjà venir la suite ?
Je l'enfile. Je remonte la fermeture éclair, enfin, j'essaie, et j'arrive au dernier bouton.

Le bouton et son interstice se regardent. De loin. Très loin.

Impossible de les faire se rejoindre. Même la braguette semble avoir décidé qu'elle n'irait pas jusqu'en haut.

Première réaction : « Punaise, j'ai dû manger un truc qui n'est pas passé. » Parce que oui, ça arrive. Un petit chamboulement digestif, un microbiote un peu perturbé, un transit qui fait des siennes… et le ventre peut rapidement nous donner l'impression d'avoir pris deux tailles.

Sauf que normalement, je connais plutôt bien ces sensations. Après tout, je suis diététicienne.

Et là, rien. Pas de douleur particulière. Pas de transit inhabituel. Pas cette sensation caractéristique d'un ventre simplement ballonné.
Non. Juste un amas de graisse abdominale qui semblait être venu s'installer tranquillement pendant que j'avais le dos tourné.

Six semaines. Il ne faut quand même pas abuser. Et c'est là que j'ai pensé : « La légende était donc vraie. » (Là dans ma tête, j'ai Benoit Poelvoorde qui apparait, ben oui, j'ai 49ans)

Les premiers signaux de la périménopause à 45-49 ans

Avant ce jean, il y avait déjà eu d'autres indices. Je ne les avais simplement pas encore assemblés.

Symptômes périménaupose: « Ah. J'y suis. »

La périménopause. Je savais évidemment qu'elle existait.

À 49 ans, avec des règles qui font parfois absolument n'importe quoi, certains mois, j'ai presque l'impression de faire un retour de couches, je ne vais pas vous faire un dessin.

J'avais aussi remarqué ma peau devenue extrêmement sèche. Ma digestion plus lente. Cette tendance à transpirer davantage.

Mon corps m'envoyait quelques messages depuis un moment. Et pourtant… il aura fallu un jean.

Parce qu'entre savoir quelque chose et réaliser que cette chose est en train de nous arriver, il existe parfois un monde. Et moi, manifestement, j'avais décidé de visiter ce monde tranquillement.

La diet qui grossit : franchement, la bonne blague

Il faut quand même que je vous explique le comique de la situation.

Je suis diététicienne-nutritionniste. Je forme également en nutrition générale et en nutrition du sportif. Je travaille notamment sur le comportement alimentaire.

Alors forcément, il y a eu cette petite pensée : « Oh, la bonne blague. La diet qui grossit et qui donne des conseils. C'est quand même le sketch. »

Parce que nous avons beau être professionnels de santé, nous n'en devenons pas pour autant des êtres humains parfaitement rationnels observant leur propre corps avec la distance d'un chercheur devant son microscope.

Je n'ai d'ailleurs jamais été particulièrement fine. Et surtout, je n'ai jamais eu pour projet de le devenir. Le chiffre sur la balance ne constitue donc pas le cœur du problème.

Ce qui m'a interpellée, c'est autre chose. Mon corps changeait. Et je ne savais pas encore très bien ce que j'avais envie de faire de cette information.

Ce que la science explique (vraiment) sur le corps en périménopause

Ici, la diététicienne reprend un peu la parole, mais promis, sans jargon.

Pourquoi le ventre change en priorité?

La périménopause correspond à la période de transition qui précède la ménopause. Elle peut commencer plusieurs années avant l'arrêt définitif des règles, et ses manifestations varient énormément d'une femme à l'autre. (8 à 10 ans, au secours!)

Pour la vulgariser simplement : les œstrogènes, ces hormones qui influencent notamment la façon dont notre corps stocke les graisses, commencent à fluctuer puis à décliner. Or elles jouaient jusque-là un rôle dans une répartition des graisses plutôt orientée vers les hanches et les cuisses, qui se stabilise avec une alimentation et un corps en mouvement adéquate. Mais quand leur taux baisse, la balance penche progressivement vers un stockage plus abdominal, un peu comme si le corps changeait ses habitudes de rangement sans nous prévenir.

Ce phénomène s'accompagne souvent d'autres signaux : cycles qui deviennent irréguliers, modifications du sommeil, de la thermorégulation (bonjour les bouffées de chaleur), de l'humeur, ou encore de la texture de la peau , cette sécheresse cutanée que j'évoquais plus haut n'a donc rien d'un hasard.

Non, tout n'est pas automatiquement « hormonal »

Et pourtant, j'ai envie d'être très claire sur un point : à 49 ans, tout ce qui nous arrive n'est pas automatiquement « hormonal ».

Une fatigue persistante mérite qu'on s'y intéresse. Une modification inhabituelle du transit également. Des changements corporels ou des symptômes nouveaux ne doivent pas être systématiquement rangés dans la grande boîte « c'est la ménopause » sans autre réflexion , ni remplacer un avis médical quand c'est nécessaire.

Et dans mon propre cas, il serait particulièrement confortable d'accuser uniquement mes hormones. Parce qu'il existe aussi une autre réalité : je passe davantage de temps assise, je bouge moins qu'à certaines périodes de ma vie. Et en observant mon alimentation avec mon regard professionnel, je remarque également certaines choses : j'ai notamment tendance à limiter les protéines sans vraiment m'en rendre compte et, parfois, à ne tout simplement pas manger suffisamment.

Vous voyez le paradoxe ? Mon ventre change, et la solution n'est certainement pas de manger encore moins. C'est précisément pour cela que cette période mérite mieux qu'un énième régime.
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Quand le corps s'invite dans le quotidien

Mon rapport à ce corps est en dents de scie. Mais ce n'est finalement pas le miroir qui m'a donné envie de réagir. C'est le jour où j'ai compris que ces changements commençaient à avoir une incidence sur la façon dont je vivais mes journées.

Moins de peps, plus de lourdeur

Je travaille beaucoup plus derrière mon écran depuis quelque temps. Je bouge moins. Et je le ressens.

Je récupère moins rapidement qu'avant. Et ça, étrangement, je l'accepte plutôt bien : j'ai 49 ans, si mon corps a parfois besoin de davantage de récupération, pourquoi devrais-je lui en vouloir ?

Ce qui me gêne davantage, c'est cette impression de manquer de peps. Quand je marche, il m'arrive de ressentir une lourdeur que je ne connaissais pas. Et quand je monte des escaliers… comment vous dire ? J'ai parfois l'impression d'être un mammouth. C'est un peu dur pour le mammouth, j'en conviens. D'autant que je n'ai, à ma connaissance, jamais été mammouth dans une vie antérieure. Mais c'est exactement la sensation. Et lorsque je dois accélérer pour attraper un train, mon souffle me rappelle également que quelque chose a changé.

De l'énergie pour vivre, pas pour travailler davantage

Alors non, je ne rêve pas de retrouver le corps de mes 30 ans. Je voudrais retrouver du peps et de la légèreté dans mes mouvements.

Et surtout, je ne veux pas avoir davantage d'énergie pour travailler davantage. Ça, c'est important. Je veux de l'énergie pour profiter pleinement de ce que je fais.

Pourquoi savoir ne suffit pas toujours à passer à l'action

C'est probablement l'une des choses les plus étranges à vivre lorsqu'on est professionnelle de la nutrition : connaître toutes les réponses n'a jamais suffi à déclencher le mouvement.

Le paradoxe de la professionnelle qui sait tout… et qui ne fait rien

Je sais. Je sais l'intérêt du mouvement. Je connais l'importance du maintien de la masse musculaire avec l'âge, passé un certain âge, notre corps a naturellement tendance à perdre un peu de muscle chaque année si on ne fait rien pour l'entretenir, et ce muscle joue un rôle bien plus large qu'esthétique : il soutient le métabolisme, la posture, l'équilibre. Je sais qu'un changement n'a pas besoin d'être spectaculaire pour être bénéfique. Je passe même une partie de ma vie professionnelle à expliquer que le premier petit pas compte davantage qu'un programme parfait abandonné quinze jours plus tard.

Et pourtant… flemme.

Parfois, j'ai l'impression d'être une adolescente avec la conscience d'une adulte. À l'adolescence, le corps se transforme et on ne comprend pas forcément tout ce qui se joue. Cette fois, mon corps change et je sais. Et j'en viens presque à me demander si, parfois, plus on sait, moins on a envie de commencer.

Georgette, ou l'art de se trouver de bonnes excuses

Je suis autrice. Inventer des histoires, normalement, c'est plutôt mon truc. Sauf que celle-ci n'était destinée à aucun de mes romans. Elle tenait en quatre mots : « Je n'ai pas le temps. »

Et le pire ? C'était parfaitement crédible. En plus de mon activité de diététicienne et de formatrice, j'écris des romans. J'ai également créé un réseau consacré aux indépendants du livre que je construis, anime et développe. Des choses à faire ? J'en ai toujours. Des urgences ? Georgette peut m'en fabriquer douze avant le petit déjeuner.

Georgette, c'est cette petite voix dans ma tête qui me dit : « Non mais tu ne peux pas aller marcher maintenant. Tu as encore ÇA à terminer. Et puis ça aussi. C'est urgent ! »

Urgent de rien du tout. Mais c'est tellement plus confortable de rester derrière son écran. Alors pendant quelques mois, j'ai parfaitement su mettre des mots sur ce qui était en train de se passer. J'en ai même parlé avec des collègues. Et parallèlement, j'ai probablement entretenu une forme de déni. Parce que « je n'ai pas le temps » est parfois une réalité. Mais chez moi, c'est aussi une excellente cachette.

Comment je recommence à bouger, sans tout bouleverser ?

On connaît déjà la liste : bouger davantage, faire un peu de renforcement musculaire, adapter certaines choses dans l'alimentation, respecter la récupération, prendre du temps pour soi… Très bien. Mais moi, je n'aime même pas particulièrement les routines.

Remettre du mouvement simplement dans ma vie

Alors si prendre soin de moi signifie transformer ma vie en planning militaire avec séance à 7 h 03, graines diverses à 8 h 12 et coucher réglementaire à 22 h 17… Georgette et moi déclarons forfait.

Aujourd'hui, je cherche simplement à remettre du mouvement dans ma vie. Marcher davantage. Faire éventuellement vingt minutes de renforcement musculaire à la salle, oui, vingt minutes. La salle possède du matériel que je n'ai pas chez moi et personne n'a décrété qu'il fallait obligatoirement y rester une heure. Et pourquoi pas aller patauger dans l'eau ? Parce qu'après tout, patauger reste toujours plus actif que rester assise dans mon fauteuil.

Adapter l'alimentation sans en faire un nouveau régime

L'alimentation viendra aussi. Progressivement. Et cela tombe plutôt bien : j'adore cuisiner.

Je ne cherche pas à devenir exemplaire. Je cherche à trouver ce qui convient à la femme que je suis aujourd'hui, plutôt que de continuer à appliquer machinalement ce qui fonctionnait pour une version de moi dont le corps ne traversait pas les mêmes transformations.

Ce que ce jean m'a vraiment annoncé

Il ne m'a pas annoncé une mauvaise nouvelle. Il m'a annoncé un passage.

Accepter que son corps avance dans le temps

Je crois que c'est cela que j'ai mis quelques mois à accepter. Parce que la périménopause ne parle pas seulement de règles qui deviennent anarchiques, de ventre qui change ou de peau qui devient sèche. Elle nous confronte aussi au temps qui passe.

Dans ma tête, je n'ai pas 49 ans. J'en ai probablement 30. Et puis, un matin, un bouton de jean refuse obstinément de rejoindre son interstice et semble vous souffler : « Cocotte… ça y est. Ton corps aussi avance dans le temps. »

Il y a peut-être eu un peu de déni là-dedans. Parce qu'admettre que son corps change, c'est aussi accepter que l'on vieillit. Et je ne suis pas certaine que l'on soit jamais complètement préparée à cette conversation avec soi-même.

Ce que je me suis vraiment promis

Alors j'aurais pu terminer cet article avec une liste de bonnes résolutions. Mon programme alimentaire. Mon régime pour perdre du poids. Mon nombre de pas. Mes séances de renforcement. Mon objectif de tour de taille.

Mais lorsque je me suis demandé ce que j'avais réellement envie de me promettre à l'approche de mes 50 ans, la réponse n'avait finalement rien à voir avec tout cela.

Je ne me suis pas promis de maigrir. Je ne me suis pas promis de retrouver mon corps d'avant. Je ne me suis même pas promis d'envoyer Georgette définitivement se faire voir, soyons réalistes, elle reviendra.

Je me suis promis quelque chose de beaucoup plus simple.

Vivre pleinement.

Et peut-être que prendre soin de ce corps qui change commence exactement là.

( correction et mise en page par IA)

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